Les Adirondak
Par Vincent François le dimanche 22 juin 2008, 23:33 - General - Lien permanent
Parc protégé des Appalaches étatsuniennes, les Adirondak offrent un magnifique et immense site naturel de randonnées. Nous y sommes allés pour une fin de semaine fin avec un couple d'amis, toujours prêts pour de nouvelles aventures.
Nous logions à l'Adirondak Loj, une ancienne maison de chasse toute en bois, avec dortoirs, salle à manger et grand salon, au bord d'un petit lac à peu près en forme de coeur, portant donc le nom le Hearth Lake.
La route depuis Montréal est classique : une heure d'embouteillages pour sortir de l'île par le pont Mercier, puis la traversée morne de la réserve indienne et de ses cabanes de vendeurs de cigarettes, puis l'autoroute québécoise jusqu'au poste de douane de Lacolle.
À la douane, un peu de stress. Mettre les pieds chez les dingues du sud est toujours un peu angoissant. Et j'ai lu assez d'histoires de militants verts ou de journalistes bloqués. Finalement le douanier ètait une douanière, tout s'est bien passé et elle m'a même prévenu que nous risquions de trouver de la neige sur le pic Algonquin...
Ah ah! De la neige, mais c'est fini ce truc. Nous sommes fin mai, il a neigé à Montréal depuis début décembre et il en restait encore un gros tas bien noir sur un stationnement une heure plus tôt, mais la neige est passée depuis peu au rang des souvenirs, révolus, finis, out.
La suite du trajet nous fait remonter une belle vallée, le long d'une petit route où s'aligne de grosses maisons et grosses voitures. Peu d'habitants visibles et les rares sont gros aussi. La première vue donne un sentiment de tranquillité, de beauté, mais en regardant plus en détail, on découvre les voitures omniprésentes, les camions aussi, les télés allumées partout, l'église de des témoins de Jehovah... Bref, on passe et on retrouve les amis sur le stationnement du même petit restau local qui ne paye pas de mine, mais bon, faut manger quand même...
Le lendemain, nous attaquons le pic Algonquin à 4 adultes et 5 enfants de 7 à 11 ans, en short et t-shirt. Margot et moi rappelons les bons souvenirs des Alpes et la marche commence.
L'ascencion du pic Algonquin commence relativement doucement – il y a même un peu de descente pour commencer – pour devenir de plus en plus rough. Et la neige était bien là. Tout d'abord sous forme de petites taches à l'ombre çà et là. Puis, c'est essentiellement le sentier qui en est couvert, et de plus en plus profondément.
La première fois que la cuisse nue s'enfonce dans la neige et qu'on s'appuie sur la glace à main nue pour en ressortir, c'est saisissant. Par la suite, on n'y fait plus vraiment attention...
Et on monte, de plus en plus raide, de plus en plus enneigé, de plus en plus glacé. Les enfants peu sensibles au joies du dépassement de soi et de la beauté des paysages de montagne, râlent ou se chamaillent. Les écarts se creusent, entre autre pour ne plus les entendre...
À l'arrivée en haut, les premiers arrivés sont rapidement prêts à repartir, transis par le vent et leur transpiration. Il reste à se changer vite, à grignoter une partie des trop nombreuses victuailles trimballées jusqu'en haut et on redescend.
On appréhende particulièrement la descente, car monter dans la neige et la glace, c'est une chose, mais descendre là-dedans, c'est vraiment casse gueule. Chacun expérimente sa manière de finir les fesses sur la glace : volontairement dés le début; plus tard après avoir essayé les talons, la marche arrière, la course souple, la descente toute en raideur...
Et les enfants râlent... Ils ne savent pas ce qui est bon! ;-)
Crevés mais contents – il s'agit tout de même de 1.000m de dénivelé pour 6.5 km aller, nous nous abandonnons aux délices d'un barbecue américain en comparant nos crampes, courbatures et angoisses face à l'escalier qui mène au dortoir.
Pendant ce temps, les enfants vont jouer dehors; ils y resteront plus de trois heures à cavaler, jouer au ballon, à cache-cache. Eux qui se sont plaint toute la journée, à l'aller et au retour, ils sont non seulement capables de continuer à s'activer et ne s'en rendent même pas compte! Ah, jeunesse! En tout cas, il y a de la réserve, on peut continuer demain.
Quoiqu'il en soit, je ne conseille pas l'ascension du pic Algonquin à des débutants ou à des familles avec de jeunes enfants. Pour les autres, n'hésitez pas à aller admirer le magnifique spectacle qui s'offre de là haut.