Suggestion musicale : « J'ai décroché la lune, oui j'ai fait ça. »

Notamment quand le moral n'est pas bon, quand l'avenir paraît sombre, quand le présent n'apporte que peu de joie. Retrouver la lune, fidèle et bienveillante – elle a pensé toute seule à revenir, alors que je l'avais un peu oubliée. Penser qu'elle est venue comme à un rendez-vous pas clairement confirmé, au cas où j'y serais, c'est faire preuve d'une touchante délicatesse...

Je pense que c'est une pensée que j'ai attrapée en vieillissant, tout simplement. Plus jeune, je m'en moquais bien de cette lune, un peu palote, un peu baroque avec ces phases, sa régularité si tordue par rapport à celle simple et puissante de son puissant compagnon solaire. Avec tout de même une petite exception lors de mes chantiers au Burkina Faso, lorsque nous dormions à la belle étoile.

En plus de cet agréable retour régulier, la Lune m'offre le luxe de m'accompagner : à pied, sur mon vélo et ce soir, entre Montréal et Québec. Elle est juste à ma droite, dehors, elle file comme le train, prenant parfois un peu d'avance ou de retard pour jouer ou pour se laisser admirer dans sa rondeur parfaite. Et elle pense bien sûr à s'arrêter aussi en plein champs quand le train fait de même pour respecter la hiérarchie des chargements chez Via Rail : « Mesdames et monsieur, nous prenons la voie de service pour laisser passer deux trains de marchandises. »

Mais je ne m'y trompe pas... Ses côtés bienveillant, accueillant et maternant ne sont pas tout. Elle possède d'autres traits, tout aussi féminins, aguichants même. Et son admirable galbe fait parfois regretter chez l'esthète qu'il y en ait moins qu'une paire!