Le bretzel « sauveur »

Une douleur sur mon vélo en allant passer la soirée chez des amis, suivie d'une toute petite nuit douloureuse. Consultation le lundi, douleur dans la salle d'attente des urgences mais analyse de sang contradictoire. Le mardi, échographie puis pour lever le doute, scanner. À sa sortie, après encore quelques heures d'attente, ayant trouvé de la monnaie pour téléphoner, je m'achète quelques bretzels et en avale deux ou trois, pensant qu'on m'avait oublié même pour l'aiguille à injection qui me restait encore dans le bras...

Dix minutes après, le médecin sort : « Ah, vous avez mangé, on ne peut pas vous opérer alors... » Surprise! Je passe donc la nuit aux urgences puis en chirurgie en attendant l'opération du lendemain. Et le mercredi se passe – c'est mon anniversaire – de mieux en mieux, la douleur s'estompant avec les heures, les symptômes aussi. Observation jusqu'au jeudi où on me libère pour bonne conduite, avec une ordonnance de 10 jours d'antibiotiques. Sauvé par le bretzel ou n'est-ce que partie remise?

Le retour de la vengeance d'Appendicitor 2

48 heures après la fin des antibiotiques, je me réveille à 5 heures du matin. Les symptômes de manque d'appétit, de nausées, de ventre dur et gonflé sont revenus et la douleur est très faible. Déjà le retour? J'annule mon rendez-vous du matin, je prépare mon sac et finis quelques petits travaux urgents pour être en mesure de prévenir de mon absence. Au fil de la journée et des avis des uns et des autres, il apparaît que la douleur s'estompe peu à peu et je ne suis pas décidé à trancher.

En fin d'après-midi, un ami médecin me laisse un message, basé sur mes symptômes transmis indirectement, dans lequel il me conseille d'aller à l'hôpital. Je suis prêt, je le rappelle pour le remercier et, lui précisant mes derniers symptômes, il me propose d'attendre un peu et de voir comment se passe la nuit. De peur d'être saisi tout seul à la maison par une aggravation, je pars dormir chez des amis qui habitent la porte exactement en face de l'hôpital, une sorte de pré-urgence très sympathique « Ici mieux qu'en face »... Le lendemain, je vais bien et me fais dire par le même ami médecin que « j'ai bien fait de ne pas aller à l'hôpital » et que « l'orage est passé ».

Que faire?

Me voilà maintenant à me demander ce que je dois vraiment faire. Les conseils que je reçois vont dans deux grands sacs : finis-en en coupant, c'est bénin et classique, ou bien jeûne, repos et questionnement.

Le premier choix consiste donc à couper un bout d'organe irritable presque par prévention et pour m'assurer à moyen terme d'être débarrassé d'une source potentielle de danger. Le second consiste à jeûner, suivre une hydrothérapie, observer, écouter et chercher les causes psychologiques ou autres. La seconde solution n'empêche pas de passer à la première en cas d'aggravation, mais elle me met dans une situation de doute et peut-être de risque.

Mais c'est bien en jeûnant et en me reposant que les deux alertes ont été facilement repoussées, la première fois avec les antibiotiques, la seconde avec de l'extrait de pépin de pamplemousse. Il est tentant de pousser plus loin. Si en revenant à une alimentation normale, les symptômes reviennent, que dois-je en conclure? Que le jeûne n'est efficace qu'à court terme ou qu'il n'est pas poussé assez loin pour une guérison?

Est-ce purement mécanique? Usure, détérioration, mauvaise habitude alimentaire ou de santé? Tuyauterie qu'on remplace, considérée comme « inutile » par statistique ou ignorance?

Est-ce plutôt « peur, insécurité, lassitude, abandon », comme l'écrit Jacques Martel :

« Le plus souvent, cette contrariété est en rapport avec un des membres de la famille ou en lien avec les principes et les idées rattachés à la famille. Ce peut être une situation qui a rapport à l'argent (..). Ce peut être aussi quelque chose ou quelqu'un que je voudrais voir "s'ajouter" ou "s'incorporer" à ma vie mais une circonstance l'en empêche.(...)Il y a une "obstruction" au courant de vie et je refoule une multitude d'émotions. Cela peut même aller jusqu'à la peur de vivre. Je n'arrive plus à filtrer efficacement les nouvelles réalités pour m'en protéger.

Je ne vois pas d'autre issue à ma vie. »

Des peurs, de l'insécurité, bien sûr que j'en ressens, avec souvent de la colère, quand je vois nos façons collectives de vivre, l'avenir que nous détruisons, le succès de la hideuse bêtise, mais j'ai plutôt l'impression que c'est moins fort qu'avant. L'argent, oui, ça manque, et ce manque guide ma vie plus que je ne le souhaiterais, mais là encore, ça ne fait que s'arranger et moins me peser.

Oui, je refoule des tas d'émotions, mais c'est pas nouveau, ne fait-on pas tous cela, rassurez-moi? C'est une des bases de la vie en société, non? J'ai du mal à croire que j'en sois arrivé à une peur de vivre, tout de même. Au contraire. Alors des trucs qui me semblent anodins et qui ne le sont pas? Inconsciemment peut-être?

Qu'en pensez-vous? Je serais très intéressé d'entendre vos avis, témoignages et surtout vos idées pour m'éclairer, notamment si vous me connaissez un peu... Merci beaucoup d'avance.