Le but initial était donc d'être en mesure d'enregistrer telle idée, telle remarque, au moment où elle me venait pour la retrouver plus tard à tête reposée. Et découvrir alors qu'elle ne valait pas tripette ou bien qu'elle méritait d'être creusée. C'est ainsi que plusieurs des derniers billets de ce blog sont nés sur une piste plus ou moins cyclable ou au réveil et ne se sont pas perdues au fil de la journée.

Mais ce petit appareil fonctionne dans les deux sens et me permet d'écouter, outre Barbara, les Pink Floyds, Cocteau Twins ou Mozart, des heures d'émissions de Radio Canada, France Inter et France Culture. Je me fais donc des cures de Jacques Languirand par 4 chemins, des 2000 ans d'histoire quotidiens avec Patrice Gélinet, des Rendez-vous avec X hebdomadaires, des Concordance des temps avec Jean-Noël Jeanneney, des Répliques avec l'insupportable idéologue Finkielkraut, des La prochaine fois, je vous le chanterai avec Philippe Meyer et bien sûr ma quotidienne dose d'oxygène avec Là-bas si j'y suis de Daniel Mermet.

C'est évidemment passionnant et même si les côtes paraissent moins raides et les trajets plus courts, j'en arrive parfois à regretter de ne pas pouvoir en écouter plus!

Ces derniers jours, j'ai pu connaître les dégâts d'une erreur judiciaire, entendre une féministe de 82 ans évoquer la lutte des accouchements clandestins et les débuts de l'émancipation féminine, écouter parler du coup d'état actuel du Honduras, de la difficile réforme du système de santé étatsunien, écouter la thèse articulée et limpide d'un sioniste israélien démonter les postures de la réaction philosémite et les manipulations que cachent les accusations d'antisémitisme, écouter les témoignages et évoquer les silences des appelés du contingent en Algérie, découvrir les vies de Jean Jaurès, Vincent Van Gogh, René Goscinny...

Dans le tas, je vous conseille notamment l'Entretien avec Ivan Segré sur la réaction philosémite, Thérèse, la révolution pour toujours - vivre vieux, c’est bien; vieillir bien, c’est mieux - et Les appelés dans la guerre d’Algérie

Des heures de bonheur, de découverte, d'émotion et d'éclats de rire!

Et oui, je n'utilise qu'une oreille pour surveiller le traffic. Et oui, je me ménage des moments de silence...