Mon premier sentiment, qui est resté très présent pendant tout mon séjour : l'exigüité, notamment des rues et des trottoirs. Elle peut avoir un certain charme si je pense aux ruelles d'Aix en Provence que j'ai découvertes cette année. Ou être vraiment pénible quand il s'agit de se frayer un chemin sur un trottoir entre des poteaux anti-voitures, du mobilier urbain publicitaire, des kiosques à journaux, des barrières à piétons, des déjections canines, des scooters, des motos, des voitures mal garées, le tout dans une foule pressée...

Et en voiture, non content d'avoir à circuler dans de petites rues, il nous faut encore compter avec ces mêmes scooters – devenus des tricycles d'ailleurs – et les motos qui se faufilent sans cesse entre les voitures.

Il faut dire qu'ils sont 65 millions à se partager ce petit espace qu'est la France et cette pression démographique est réellement palpable à la fois dans ces situations et dans le discours ambiant, notamment vis-à-vis des « autres ». Ne serait-ce que le ministre de l'Intérieur, Hortefeux, qui a été condamné par la justice pour propos racistes...

Ceci dit, à Paris, j'ai eu l'occasion de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en Vélib', l'équivalent parisien du Bixi montréalais et je me suis régalé. Le soleil étant au rendez-vous, ce furent de chouettes moments de plaisir pour redécouvrir Paris, ses rythmes, son architecture, ses quartiers, ainsi que ses faux-plats et ses pavés... à suivre dans un autre billet.

Champ de Mars, Invalides et Tour Montparnasse

Politique

Le reste de l'année, je suis de près, entre autre, la situation politique de la France, non seulement à distance mais essentiellement au travers de médias souvent militants, comme Là-bas si j'y suis ou d'autres. Plus Le Monde pour me faire une idée de ce que pensent savoir les gens qui se pensent informés. Cela me dessine une image de la France engagée, soucieuse du respect des droits de l'homme, garante d'une saine continuité de la société et vigilante contre les retours en arrière qu'exigerait la « modernité » de la mondialisation.

Quand je passe en France, je retrouve une France assez différente, plus à droite – c'est mon milieu d'origine et j'y ai beaucoup d'amis – et beaucoup moins informée... Ce qui n'est effectivement pas incompatible. Car, volontairement ou involontairement, il est plus facile de considérer Sarkozy sans rigoler en limitant son information et en évitant de remettre en cause ses sources et ses croyances.

En 2007, j'avais été assez assommé de la victoire de ce Sarkozy. Ce n'était pourtant pas un inconnu à qui on aurait pu être tenté de donner sa chance et il me semblait réellement dangereux. J'ai compris depuis la détestation qu'avait pu inspirer sa concurrente dite « socialiste » et surtout mesuré la capacité de la droite à serrer les rangs quand on lui agite le chiffon rouge su socialo-communisme. Oui, ça fonctionne encore, 21 ans après la chute du mur de Berlin. Vincent grimpant

Invariants et variations

La France sera toujours la France : il y flotte toujours une certaine arrogance, des rapports humains conflictuels, une passion pour l'égalité associée contre nature à un goût pour les privilèges. Mais ça s'arrange tranquillement : les chiens et leurs maîtres n'occupent plus – concrètement – le haut du pavé, les comportements routiers se civilisent nettement, notamment le respect des vitesses limites. Ceci dit, cela reste encore un peu nouveau et il faut entendre les justifications des automobilistes qui ont reçu dernièrement une contravention...

Passé

« N'en déplaise aux autochtones », revenir en France est aussi, pour moi, revenir dans le passé. Et c'est année, j'ai fait fort : j'ai retrouvé des amis que je n'avais pas vus depuis exactement 32 ans! Copains d'avant et Facebook aidant, nous sommes une quinzaine à nous être identifiés et de ce lot, cinq à nous être retrouvés en chair et en os lors de la fête de notre école primaire. Je reviendrai sur cette exceptionnelle journée dans un autre billet sous peu.

Merci

Il est tout de même temps de m'arrêter pour maintenant sans oublier de remercier toutes celles et ceux qui nous ont accueillis et avec qui nous avons partagés de vrais moments de plaisir, dans l'ordre d'apparition sur scène : Françoise, Marcel, Maman, Madlin, Corinne, Ulrich, Jutta, Jean-François, Élizabeth, Éliane, Gérard, Willi, Kerstin, Leander, Laurent, Loïc, Bertrand, Lionel, Jeanne, Élie, Léonore, Maude, Mathilde, Laurens, Léanne, Nicolas, Michel, Claire, Svétlana, Zoya, Ker-Yvon, Mario, MADAME-MILLOT!, la conseillère du consulat du Canada sans qui je ne serai pas revenu sans mon passeport, Isabelle N., Marie, Clément, Charles, Sylvain, Lydie, Léa, Marianne, Patricia, Christine, Papa, Micheline, Dadou, Dominique, Jean-Baptiste, Antoine, Béatrice, Jo, Tanguy, Isabelle V., Marc, Maylis, Aymeric, Ghyslain, pourvu que je n'en oublie pas, déjà...