Un p'tit coin de Vélib'
Par Vincent François le mercredi 28 juillet 2010, 23:03 - Monde - Lien permanent
À Paris, j'ai eu l'occasion de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en Vélib', l'équivalent parisien du Bixi montréalais et je me suis régalé. Le soleil étant au rendez-vous, ce furent de chouettes moments de plaisir pour redécouvrir Paris, ses rythmes, son architecture, ses quartiers, ainsi que ses faux-plats et ses pavés... Mais aussi ses habitants, pas ceux qui se cachent dans leurs voitures ou se noyent dans le métro, comme dit Brel.

Boulogne-Nation aller et retour pour saluer mes cousins : je pédale courageusement sur mon petit Vélib' et à un feu rouge demande à la femme en scooter à côté de moi :
- Nation, c'est pas là ou par là?
- Nation? Mais... c'est loin!
Je disais « courageusement », disons plutôt « inconsidérément ».
- Je sais. Justement, c'est plus court par ici ou par là? » ajouté-je en montrant deux directions format angle droit.
Et elle me propose une succession de rues et de places qui doucement reprennent leur place dans le vieux plan de Paris que j'ai dans la tête mais qui s'efface doucement avec les années de non usage.
Et je continue. Un peu plus loin, rue Tolbiac (je n'avais finalement pas suivi les conseils de la première), une autre femme, à vélo cette fois-ci, probablement touchée par mon air de touriste le nez en l'air, me demande si je suis perdu.
- Je vais à Nation.
- La rue Massion?
- Non, non, Nation, la place.
- Mais... c'est loin!
- Oui, il paraît.
- Bon, ben suivez-moi jusqu'à la Seine et je vous expliquerai pour après.
Et nous voilà tous deux pédalant, devisant sur les vélos, Paris, les avantages comparés du 12e arrondissement, Montréal, bref des conversations de cyclistes que je n'ai évidemment jamais eues en voiture ou en métro! On a failli se frapper un piéton caché derrière un bus et on s'est fait pas mal frôlés par les voitures. La rue Tolbiac est étroite, les connaisseurs le reconnaîtront, soit qu'ils y ont risqué leur peau aussi à vélo, soit qu'ils sont restés coincés en pestant derrière ce genre de touriste et son guide!
Un p'tit coin de Vélib' contre un coin d'paradis, je ne perdais pas au change, pardi.
Retour nocturne
Passée la très agréable soirée avec Jean-Baptiste et Antoine, des cousins pas sarkozystes pour un sou et assez-allumés-merci sur tout un tas de sujets de notre époque, vient le retour nocturne. Muni d'une nouvelle bouteille pleine d'eau, je me lance en zigzaguant (volontairement, volontairement, m'sieur l'agent!) à travers Paris. 36 km et 3 litres d'eau aller-retour, mais Google maps avait finalement une solution à 24 km...
Je découvre la nuit du 12e, très vivante, autour de la Bastille, puis je file vers l'ouest. Chaque rue, prise un peu au hasard, reconstruit peu à peu mon image de Paris : Bastille, Arts et Métiers, Chatelet, Rivoli...
Rue de Rivoli, mais si, vous savez, la belle rue bordant le Louvre et le jardin des Tuileries, avec ses bijouteries, ses hôtels de luxe, ses colonnades... J'y ai rencontré, dans l'ordre, ce soir-là :
- Un groupe de jeunes gens, bien habillés comme il faut – c'est Paris, n'est-ce pas – attendant deux des leurs en train de pisser contre les montants d'une porte cochère... Apprenez-leur le caniveau, qu'on disait dans le temps, mais c'était pour les chiens seulement!
- Deux employés d'hôtel, bien habillés aussi, service oblige, balayant avec attention des débris de verre du trottoir vers la piste cyclable. Encore des gens qui n'utilisent sans doute jamais de vélo.
- Un jeune homme, bien mis, hélant en vain un taxi tandis que son amie en petite forme, assise au bord du trottoir, contemplait entre ses pieds ce que son estomac avait fini, sagement, par lui refuser.
- Un jeune homme, habillé comme il faut encore, préférant aux trottoirs qui la bordent, le milieu de la piste cyclable, tournant le dos aux vélos, avec – il doit aimer les surprises – ses écouteurs sur les oreilles...
Que conclure, si ce n'est qu'à Paris, les gens sont plutôt bien habillés!
Commentaires
bravo,
ta femme va etre contente pour les kilos en moins !
Iol
@hdevismes : Faudrait lui demander. Malgré que j'ai bu autant lors de mon passage en France que pendant toute l'année passée, la compagnie aérienne n'a pas eu à déplorer la moindre surcharge pondérale entre l'aller et le retour et n'a pas consommé une goutte de kérozène de plus. Qu'est-ce qu'elle dit la planète, hein!? ;-)
j'adore!